Salon de l'agriculture: de la polyculture dans nos terroirs ?

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Salon de l'agriculture: de la polyculture dans nos terroirs ?

Message  max mayneris le Dim 28 Fév - 20:40

DE LA POLYCULTURE ... DANS NOS TERROIRS ?

La culture, élément d'identité, est une question délicate souvent évoquée avec celle de la société "multiculturelle". Ajoutons-y la question de la laïcité, et le compte est bon pour un "débat" agité ! Pour ma part, je m'en tiens à des considérations simples et "apaisées" (... simplistes ?).

La "culture" est un attribut collectif (la culture occidentale, orientale, africaine, britannique, française, ...) . On peut donc se questionner sur son rapport à la Nation. Elle est un constat a posteriori, une description, une "caractéristique" comple - xe d'un groupe, liée à sa géographie, à son histoire, ses religions, ses modes de pensée, ses pratiques sociales, ... Elle peut ne pas être homogène pour un groupe, mais la culture "majoritaire" participe incontestablement à son identifica - tion, à sa cohésion. Les composantes culturelles secondaires, minoritaires, ajoutées, juxtaposées à la culture majoritaire du groupe, peuvent être diversement acceptées et peuvent même menacer son intégrité en prenant de l'ampleur. Peut-on aller jusqu'à la notion de "nationalisme culturel" ? Oui, en ne niant pas qu'une "culture majoritaire" existe généralement au sein d'une Nation, sans pour autant verser dans un mode exacerbé.

Peut-on vouloir ou prétendre appartenir à une Nation sans reconnaître la primauté de ses élé - ments "culturels" essen - tiels ? Utiliser sa langue, insérer son histoire personnelle dans l'histoire collective, accepter la pratique en public des " us et coutumes" nationaux et ne pas défier ses concitoyens par des comportements culturels qui les heurtent manifestement (on le recommande même aux touristes !) : faut-il voir là des exigences odieuses, qui n'interdisent pas pour autant la pratique d'une autre culture à titre privé, secondaire, publiquement dans des limites à fixer , en tout cas pas "à égalité" . Ces limites à fixer, là est tout le problème .

- La solution la plus évidente est d'interdire ou de limiter la pratique en public d'usages et de rites mal acceptés; les tentatives actuelles ne sont pas sans difficultés, ni sans conséquences.
- Imposer "l'intolérance zéro" (ou la "tolérance zéro" !) par la loi relève du radicalisme, l'imposer par l'éducation et l'instruction publique relève du messianisme !
- Une autre solution ( simplette ?) serait de renvoyer le problème au niveau local: laisser la tolérance de certains rites à la décision des populations ( au niveau des communes, des quartiers ?); il n'est pas sûr du tout que cette échappatoire soit constitutionnelle, même si le concordat, la tauromachie font jurisprudence pour des exceptions locales; les plus radicaux verraient là une concession inadmissible, un recul impardonnable; ce serait aussi une façon de construire des "ghettos" ,
une idée à connotation très négative, alors que ces "lieux" pourraient être soumis aux mêmes lois et bénéficiaires des mêmes soins qu'ailleurs, une manière de juxtaposer sans heurts des cultures différentes ( n'y a-t-il pas des "quartiers" regroupant des cultures minoritaires à New-York et dans la plupart des capitales ?) .
- Une quatrième solution serait un "prêche à rebours", pour faire comprendre à ceux qui sont de culture "minoritaire" que le besoin d'identité, la douceur, la protection des "us et coutumes" ne sont pas des expressions d'agressivité de ceux qui sont "majoritaires", mais des besoins existentiels légitimes et sécurisants; la gratitude, une certaine tolérance, la reconnaissance des mêmes besoins, en seraient les récompenses ...

Revenons à la question de la société "multiculturelle" ... On peut tenter une approche qui fera sans doute naître des suspicions en détournant cette interrogation vers celle des ... "us et coutumes".

Les "us et coutumes" forgés par le temps, l'Histoire, la géographie physique et humaine, sont un élément "d'identité" ancré dans le quotidien, dans le familier. Ils définissent une "normalité" qui participe fortement à la cohésion d'un groupe. Une pratique qui sort des "us et coutumes" ne sera admise que si elle ne menace pas la cohésion de ce groupe. C'est alors une affaire de "ressenti" collectif, indéfinissable précisément.

La religion est à l'évidence un élément de la culture* d'une société. Mais c'est dans son rapport aux "us et coutumes" qu'elle intervient de manière sensible dans sa "culture". Ses rites, ses pratiques cultuelles peuvent "impacter" visiblement le quotidien, le familier. On en revient aux "us et coutumes" ... .

Finalement, la question du multiculturalisme ne doit-elle pas être complétée, sinon remplacée, par celle des "us et coutumes" ? S'il est évident qu'une société peut toujours être qualifiée de "multiculturelle" du fait d'une diversité de ses membres, le problème est bien de savoir jusqu'à quel degré, et à quelles conditions.

Le "multiculturalisme" d'une société est un idéal universaliste non condamnable, sauf si on veut l'imposer à une société réticente, car cette volonté est dangereuse. " L'angélisme est un facteur, non de paix, mais de guerre" nous rappelle
J. d'Ormesson et, dans ce cas, des plus atroces conflits, les guerres civiles.

Et la laïcité - on y arrive - est-elle aussi une composante de notre culture ?
En ce qui me concerne, je n'en suis pas sûr du tout. La laïcité est, pour l'instant, un "concept répu -blicain" , politique, bien que non encore affiché dans notre devise. La représentation populaire, tra -ditionnelle, de nos villages est constituée (encore aujourd'hui, je crois) par "l'Eglise, la Mairie, l'Ecole , le Bistrot ". La laïcité sera un élément de notre culture lors - que, naturellement, et pour une majorité de Français, l'Eglise aura disparu de ce tableau fixé dans nos esprits et dans nos coeurs, ou lorsque la Synagogue, la Mosquée, ... , y figureront aussi . Ce qui ne supprime pas la tolérance des autres religions, dans les limites évoquées ci-dessus. Mais, si on exige de faire entrer l'Eglise dans la Constitution, j'exigerai qu'on y fasse aussi sa place ... au Bistrot !

Ça vaut ce que ça vaut ! Mais je n'ai pas le sentiment de proférer ainsi des propos inadmissibles .



* Il n'est pas inutile, à ce sujet, de convoquer la pensée d'A. Malraux:
" La culture, c'est l'ensemble des formes qui ont été plus fortes que la mort ... La culture, c'est ce qui répond à l'homme quand il se demande ce qu'il fait sur la terre ... La culture nous apparaît donc d'abord comme la connaissance de ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers ... " .
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