Les mystères de la dépense publique !

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Les mystères de la dépense publique !

Message  max mayneris le Lun 25 Juin - 16:14

Les chiffres publiés récemment ont mis aux abois quelques amis, qui m'ont demandé des explications complémentaires... Je les
transmets aussi aux amicalistes, à toutes fins utiles ...

DEPENSE PUBLIQUE, RETRAITES ...

Décortiquer et comprendre le système de retraites en France est digne des travaux d'Hercule... C'est un peu la même chose pour la dépense publique. Le citoyen moyen, comme moi, doit donc se contenter d'approximations, des "grosses quantités", pour apprécier la situation et les décisions. Je trouve assez facilement sur Internet (sites du min.fin, de la presse spécialisée) des données sur les dépenses, plus difficilement sur les recettes ( il faudrait convoquer Sherlok Holmes en plus d'Hercule !), et j'abandonne donc mes recherches. Quoi qu'il en soit, ces "gros chiffres" sur la dépense publique permettent de mesurer son poids sur l'économie: c'est du pouvoir d'achat en moins pour le citoyen, des capacités d'investissement en moins pour les entreprises, des causes de la hausse du prix de leurs produits, et les déficits sont généralement en relation avec ces chiffres, aussi.

Quelques remarques.

Dépense publique.
Cette vision négative de la dépense publique (celle des "libéralistes") doit cependant être très nuancée, car le principe de Lavoisier s'appli -
que aussi à l'économie: rien ne se perd, rien ne se crée, .... ; ce que l'on prend à droite va à gauche, et inversement (et pas que dans les équations des réactions chimiques, d'où la survivance à prévoir pour les deux bords politiques !) .
La dépense publique est certes une ponction, mais elle est aussi une (re)distribution, une transformation de cette ponction en travail (de fonctionnaires ... !), en production et en demande de biens et de services, en pouvoir d'achat. Elle n'est négative pour l'économie que dans quelques cas:
- si elle profite aux économies étrangères plutôt qu'à l'économie française: lorsque l'Etat n'achète pas "Français", si les hausses de
prix engendrées par ces ponctions rendent nos entreprises moins compétitives et favorisent les étrangères (et si ce coût supplémentaire de
"solidarité" ne peut être compensé autrement), si l'argent redistribué va principalement aux Chinois et à l'électronique que nous ne produisons pas (s'investirait-il toujours en France s'il n'était pas "ponctionné" ?),  ... ;
- si les biens et services produits par l'Etat sont inutiles, ou peu utiles (c'est là une donnée souvent subjective), alors que le capital laissé entre les mains du "privé" aurait permis de mieux répondre aux besoins réels des citoyens (est-ce souvent le cas?)  ... ;
- si les biens et services sont produits à meilleur coût par le "privé", la rentabilité étant son principe de fonctionnement ( lié à la concurrence, ... à condition que cette concurrence soit réelle, loyale et entretenue), ce qui n'est pas le cas du système étatique (notons quand même que les dirigeants politiques ne peuvent impunément laisser aller "à vau-l'eau" les finances publiques !) ;
- si la dépense publique est cause de "dette" importante, les emprunts étant souvent faits sur des marchés étrangers ( notons toutefois que les charges de la dette payent le crédit, c'est-à-dire la confiance des prêteurs, et ne devient un handicap que lorsqu'elle crée de la défiance, n'offrant même plus la possibilité de recourir au crédit, forme "normale" de financement dans la vie économique moderne).
- lorsque le niveau de la dépense publique est tel qu'il induit une pression fiscale au point de faire naître chez les "assujettis" les plus sollicités un sentiment de spoliation ou d'injustice*; le sentiment national et la vertu de solidarité sont rarement suffisants pour empêcher alors une émigration très catégorielle et des manoeuvres d'évasion fiscale encouragées par le "dumping" pratiqué par certaines Nations .

Le dogme des "libéralistes" s'appuie aussi sur quelques principes complémentaires :

- le travail est un "coût", et ce coût est la seule variable d'ajustement de la compétitivité des entreprises ;
- la flexibilité immédiate du travail est la seule parade à la variabilité des carnets de commande des entreprises ;
- " l'agent de l'Etat" est mal formé, mal dirigé, mal contrôlé, peu ardent au travail, son avancement est assuré, il est aussi trop payé (...pour le travail fourni), mis en retraite prématurément ;
- l'argent public est trop souvent dilapidé dans des projets "foireux", des "entourloupes" dont bénéficient quelque-uns, l'efficacité des décisions prises n'est pas mesurée.

Arrêtons là, les "libéralistes" vont compléter la liste...

Tous ces reproches ne doivent pas être ignorés, ils doivent même être pris en considération, mais avec ... beaucoup de "mesure" !

* à ne pas confondre avec la posture politique qui rejette toute forme de pratique solidaire fiscale imposée !

Les retraites.
La retraite n'est pas en soi une catastrophe ( ... même sur le plan économique!). On le sait depuis toujours, le citoyen atteint à un moment de sa vie un stade de "non rentabilité" . On le met alors " à la retraite", ce qui a l'inconvénient de suspendre sa fonction de production dans le système économique. Mais la retraite est aussi un moyen de redonner un intérêt économique au citoyen "ancien" : on le préserve comme "consommateur" ... Le retraité se valorise lui-même, aussi, par d'autres voies ( conseil, bénévolat ou emploi à faible coût, assistance à la famille, aux jeunes, il reste aussi ... un électeur !).
La retraite du citoyen peut être financée par "l'obole publique" (qualification des "libéralistes"), ou par son épargne: c'est "le système par répartition", ou "le système par capitalisation". Dans le premier cas, on peut considérer aussi qu'il s'agit d'une clause du contrat de travail,
et qu'il s'agit donc d'un "dû", négocié, et pas d'une aumône ...
Le problème du premier système est que le nombre de "donateurs" se raréfie et le nombre de "demandeurs" va croissant. On ne peut que tenter de réformer le système pour le rendre plus efficace, transférer à l'autre système le déficit du premier, ... ou inventer un troisième système ( la famille, par exemple, au risque d'une surpopulation, comme dans certaines régions du monde ? ).

La mise à la retraite crée aussi des 'trous" dans l'emploi et permet l'embauche des jeunes; la retraite, comme en électricité et en électronique, génère ainsi du "courant" pour l'emploi ...

Voilà quelques réflexions de "citoyen moyen" , dictées par le bon sens, qui n'est sans doute pas néfaste, mais insuffisant pour "régler les problèmes" !!
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