L'ENFER DE BERCY !

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L'ENFER DE BERCY !

Message  max mayneris le Jeu 22 Fév - 11:10

L'ENFER DE BERCY !
Bercy a en charge le budget, c'est-à-dire le choix des dépenses publiques et la collecte de l'impôt pour les payer … Le problème se complique terriblement
en ce que le Ministre de Bercy doit aussi exécuter impérativement le programme électoral présidentiel et ses promesses, obéir au Premier Ministre, ne pas
fâcher ses collègues des autres ministères, ne pas créer de troubles publics, ne pas désespérer nos amis Allemands. Autant dire que résoudre une "conjecture
mathématique" est un amusement en comparaison de ce défi de Bercy … On se demande comment on peut trouver des volontaires pour ce "job" d'enfer !

Revenons au concret :
"L'assiette" de l'impôt (sur les revenus) présentée au Ministre de Bercy contient trois portions :
- celle des "plus fortunés"; peu nombreux, puissants, ils disposent de formidables jokers lorsqu'ils sont indisposés par l'impôt: la fuite, la délocalisation,
l'optimisation ;
- celle des "moyens fortunés"; en nombre important, plutôt dociles, ils sont d'une grande patience fiscale, à condition qu'on les maintienne "moyens" ; ils
ne peuvent menacer que d'une seule manière: verser dans le "populisme" s'ils se sentent maltraités ;
- les "moins fortunés"; les plus nombreux, ils sont plutôt peu organisés (la syndicalisation et la représentativité des syndicats est faible en France), peu
puissants donc, sauf lorsqu'on les met dans une grande colère; ils disposent de deux atouts considérables: notre tradition de Charité chrétienne (certains voudraient
même voir l'Eglise entrer dans la Constitution ) qui aboutit à l'exemption d'un Français sur deux de l'impôt direct, dit-on (on a cassé l'assiette !), et la rue (quand
la colère vient).

Lorsque l'état des finances publiques est inquiétant (cumul de déficits budgétaires, cotisations insuffisantes pour couvrir les assurances vieillesse-chômage-maladie;
hausse des taux d'emprunt…), trois remèdes sont possibles :
- la réduction des dépenses publiques, c'est-à-dire des dépenses sociales qui représentent leur part principale; ce sont donc "les moins fortunés" et les "moyens fortunés" qui trinquent; le clergé grogne en chaire (… modérément ), les organisations syndicales menacent, obtiennent quelques compensations pour "les moins fortu -
nés"; les "moyens fortunés" serrent le ceinturon et se consolent dans le patriotisme;
- la dette, c'est-à-dire le report du fardeau sur nos enfants, qui nous met aussi à la merci des taux d'emprunt; la voie est tentante mais gardée par des instances internationales, et par nos amis Allemands;
- un supplément de ponction fiscale; on l'a vu, ce sont les "moyens fortunés" qui seront le plus souvent et le plus sévèrement siphonnés relativement, serreront le ceinturon et se consoleront dans le patriotisme.

Quelques "variantes" de cette dernière solution peuvent atténuer la douleur des "moyens fortunés" :

- limiter la ponction en répartissant l'effort sur un grand nombre: il faut alors siphonner aussi "les moins fortunés"; la solution passe par la TVA (plutôt que par
la CSG qui n'épargne pas les revenus financiers), puisqu'ils payent peu ou pas au direct; cette pression indirecte a en outre un air de justice en s'exerçant apparem -
ment sur tout le monde ( si l'effet de justice n'est pas reconnu, "la rue" va le faire savoir; on risque aussi l'explosion du "travail au noir") ;
- augmenter la pression fiscale sur les "moyens fortunés" sans les faire réagir : il faut pour cela taxer aussi, et très visiblement, "les plus fortunés", puis organiser aussitôt une discrète optimisation fiscale (niches, exemptions, …) pour ne pas inciter ces derniers à fuir ou à relâcher l'investissement ;
- augmenter sensiblement la pression fiscale sur "les plus fortunés", s'interdire l'optimisation et les fixer sur le territoire; pour cela:
. lever une armée de contrôleurs et de "gabelous", nombreuse, zélée; on le sait, les chances de réussite sont faibles ;
. rendre les plus fortunés "amoureux-fous" de la France; il y a encore un choix : l'élixir (on n'a pas encore découvert sa formule) et … un séducteur
( à Bercy ? ) ;
. d'autres solutions sont possibles, mais peu éprouvées ( créer un élan patriotique chez "les plus fortunés", des honneurs, la promesse d'un avenir "post
fiscal" radieux, …) .

Bon courage aux décideurs de Bercy !
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max mayneris

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