Un souverainisme collaboratif en Europe ?

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Un souverainisme collaboratif en Europe ?

Message  max mayneris le Lun 23 Oct - 11:41

Un " souverainisme collaboratif " en Europe ?
Le "souverainisme" est régulièrement présenté comme antinomique de l'idée de "l'Europe". Il n'y a pourtant ni logique rigoureuse dans cette idée
ni, vraisemblablement, une opinion majoritaire qui approuve ce préjugé.
Le souverainisme, au sens premier, s'applique à une Nation et implique que celle-ci garde la maîtrise de ses décisions. Il n'y a aucune incompatibilité
entre cette exigence et la possibilité de mettre en oeuvre des "solidarités européennes", complètes ou partielles, dans des structures de collaboration
permanentes, organisées démocratiquement . C'est cette formule que l'on nomme " l'Europe des Nations et des projets ", sans doute préférable à
" l'Europe des directives ". Pourquoi donc ce "préjugé" ?
. D'abord parce que la divergence des intérêts, économiques surtout, est fréquemment constatée au premier abord. Mais il ne faut pas tirer de
conclusions à partir de ces difficultés au cas par cas, sans que chaque Nation ne fasse un bilan final, global, pour l'ensemble des projets et des com -
promis possibles (on perd sur un projet, on gagnera sur un autre).
. Ensuite, parce que les tenants de ce préjugé estiment sans doute qu'une convergence d'opinions sur des idées ou des projets n'atteindra jamais,
à 28, un niveau de consensus qui les rendra "efficients", surtout lorsqu'il faut passer du stade des principes à celui des engagements sur les moyens.
Pourtant, il n'est jamais vain de tenter de rassembler des Nations européennes, d'unir des volontés, de regrouper des moyens autour d'un projet, en
se gardant la possibilité de l'abandonner.
. Encore, parce que les Nations les moins sûres d'elles-mêmes pensent ne pas pouvoir faire face à de fortes pressions incitatives, ce qui se traduirait
par une perte de souveraineté effective.
. Et aussi parce qu'on peut craindre qu'un projet approuvé et exécuté ne conduira pas aux mêmes solidarités en cas d'échec, s'il faut partager des
réparations ou des pertes.
. Enfin, on ne peut ignorer que des Nations fortes craignent que l'effort de solidarité indis - pensable sur le plan financier ne soit pas compensé pas
des effets bénéfiques exprimés ailleurs que dans les comptes.


Tous les arguments rejetant la possibilité de conserver la souveraineté des Nations au sein d'une Europe "agissante en tant que telle" sont fondés sur la
méfiance entre Nations, sur le préjugé de leurs divergences d'opinions insurmontable et sur la crainte d'une dérive amenant à la perte de souveraineté .
La nécessité d'agir avec la force et les moyens d'une organisation régionale à l'échelle d'un continent est ignorée ou écartée a priori, malgré l'ampleur et
l'urgence de certains de nos défis.

On peut en conclure que quatre conditions, au moins, sont nécessaires pour avancer dans la voie du "souverainisme collaboratif" :
. un regain de cohésion européenne basé sur l'adhésion à une vision politique et stratégique commune, un "rôle"
européen dans le monde ;
. la proposition d'objectifs et d'actions, planifiés ou occasionnels, sans exigence d'unanimité ni de participation
impérative, avec des compromis possibles, en un mot de la souplesse ;
. un "système" aussi démocratique et simple que possible pour animer le " processus collaboratif " ;
. on ne peut vraisemblablement se passer d'une ( ou d'un petit groupe de) "locomotive(s)" ( pour éviter le terme de
"leader" !) .



Il n'y a là rien de nouveau, ni de surprenant, surtout pas la difficulté à évoluer dans le sens d'une "souveraineté collaborative" !
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max mayneris

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