Les "privilèges" de la Fonction publique !

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Les "privilèges" de la Fonction publique !

Message  max mayneris le Ven 13 Oct - 19:20

LES PRIVILEGES DE LA FONCTION PUBLIQUE *

Il y a peu, à l'occasion de manifestations, les "fonctionnaires" exprimaient leur lassitude de se voir traités de privilégiés, de nantis.
Indépendamment de tout jugement sur la pratique de la grève chez certains fonctionnaires, voici quelques arguments pour inciter les
détracteurs de la "fonction publique" à un peu de modération.

Parmi les privilèges "reprochés" aux agents de la fonction publique, trois sont dominants :
- ils ont un emploi "à vie" ;
- le contrôle est laxiste, l'avancement est assuré et ne dépend pas du mérite;
- la "fonction publique" n'est pas soumise au marché et à la concurrence comme
les entreprises, et leurs salariés échappent ainsi à l'exigence de productivité (ce
qui les incite, bien sûr, à la "fainéantise").

Discutons-en.

Emploi à vie.
L'emploi "à vie" est une réalité pour les agents de la fonction publique "titularisés". Est-ce réellement un privilège ?
Exercer un métier ne vise pas seulement à accéder à un revenu de subsistance. L'attrait de l'emploi, l'adhésion aux finalités et aux "pratiques"
professionnelles importent aussi, et beaucoup. Le service public répond incontestablement à un engagement "altruiste" lorsqu'on le choisit, et il
n'y a pas de raison que ce sentiment s'estompe à son expérience. Voilà qui plaide pour la confiance a priori dans le candidat, après contrôle de
ses aptitudes. L'emploi "à vie" dans la fonction publique n'est donc pas un "non sens" d'autant que, ne soyons pas ingénus, l'administration dispose
de moyens légaux pour décourager un titulaire indésirable ou incompétent ... .
L'emploi public est ouvert à tous mais obligatoirement soumis à concours pour être " titulaire" d'emblée. De ce fait, il est tout de même un privi -
lège "gagné", d'autant plus mérité que ce concours est sélectif. Celui qui juge l'appartenance à la fonction publique comme formidablement avantageuse
a, espérons-le, au moins une fois affronté les concours, à moins qu'il ne juge le "privé" comme encore plus avantageux, ou à moins qu'il ne soit
prisonnier de préjugés à un degré pathologique !
L'emploi "à vie" nécessite un statut qui rend visible les conditions de travail et les perspectives d'évolution; une fois acceptées, les conditions sont
contractuelles. Il y a donc aussi un risque pour le " titulaire " (une démission est toujours possible, mais n'est jamais sans inconvénients).
L'employeur a aussi des bénéfices: cet avantage peut justifier une modération des rémunérations (d'autant qu'il promet une retraite convenable à celui
qui est fidèle jusqu'au bout); il peut aussi exiger, en contrepartie, une mobilité "technique" et géographique à coût réduit; les coûts de fidélisation sont
payés "au départ" et ne se négocient pas; il profite de la compétence croissante des employés et minimise les coûts de formation liés à leur "turn-over";
il connaît bien les salariés qu'il emploie, ce qui facilite la décision des promotions. L'emploi "à vie" n'est donc pas avantageux à sens unique. Il y a, à
l'évidence, du "donnant-donnant" dans un tel statut
Au final, on peut dire que la sécurité et l'avantage de l'emploi "à vie" ne sont réels que si le choix initial est bien réfléchi, effectivement conforme à ses
goûts, si l'évolution espérée se confirme, si l'on ne craint pas les dérangements de la mobilité acceptée en contrepartie, si on modère ses ambitions sa - lariales. Le "privilège" est obligatoirement "gagné" dans une compétition ouverte à tous, il n'est généralement pas négocié et n'est pas sans risques.
Est-ce vraiment un "privilège" ?

Le contrôle, l'avancement.
C'est un fait, suivant les secteurs de la fonction publique, on peut estimer que l'évaluation et le contrôle diffèrent dans leurs méthodes et leur rigueur
(je ne connais que le système militaire, il est incontestablement organisé et rigoureux, il n'a rien de laxiste !). La fonction publique rend des services plus
qu'elle ne produit des biens. Au contact du public, l'évaluation du service et son verdict sont assez immédiats et directs ! On multiplie aussi les enquêtes
d'opinion et de satisfaction. Ces "témoignages" sont-ils perçus et pris en compte à titre individuel ? Difficile de savoir, mais pourquoi non ? Observons aussi
que l'organisation hiérarchique est plutôt la règle dans la fonction publique, et que l'évaluation est une responsabilité à exercer aux différents échelons de
ce système. Ajoutons encore que le "désir de bien faire et d'être apprécié", la "bonne opinion de soi" peuvent motiver le plus grand nombre dans la fonction
publique tout autant que dans le privé.
Dans la fonction publique, l'avancement se concrétise par une responsabilité augmentée, un chan - gement de poste et parfois aussi par un changement géo -
graphique. Cet avancement est souvent conditionné par un contrôle d'aptitude (examen, concours) et par la formation continue (stages). L'avancement n'est
donc pas aussi automatique qu'on le croit, et il est contrôlé, conditionné. Comme partout, il y a moins de "chefs" que de "subordonnés" et d'autant moins
qu'on progresse hiérarchiquement. Il y a donc nécessairement une mise en concurrence des prétendants à l'avancement, y compris dans la fonction publique !

La concurrence.
C'est vrai, une entreprise est tenue d'être compétitive pour remporter des marchés. La fonction publique n'a pas à remporter de marché généralement (ce
n'est pas exact dans les secteurs industriels étatiques, par exemple). Elle a tout de même des résultats à obtenir: les "services publics" répondant aux besoins
de la Nation, avec une qualité acceptable par les citoyens-contribuables. L'attribution des budgets à cet effet (et l'impôt correspondant à collecter !) est une
responsabilité politique. Les responsables politiques jouent en quelque sorte le rôle du marché en exigeant, dans leur intérêt (répercuté, c'est sûr, dans la hié -
rarchie administrative ! ), que les services publics soient rendus comme ils sont attendus, avec une charge fiscale à prélever la moins douloureuse possible !
L'opinion sur l'efficacité de l'Etat et sur la leur dépend incontestablement de ces résultats, et la pression est forte lorsqu'il s'agit des impôts à lever, comme
à redistribuer! La fonction publique et ses membres sont à l'évidence soumis à une exigence de rentabilité. La preuve: le concours de "dégraissage" entre les
prétendants à l'élection présidentielle (dont on perçoit, au moment de le mettre en œuvre, qu'il est plus ou moins réaliste !)** !

Les "agents" de la fonction publique sont-ils donc des "nantis", comme certains le prétendent ?


* il ne s'agit pas, spécifiquement, de la fonction militaire.
** méfions-nous des comparaisons de ratios trompeurs tels que "nbre fonctionnaires par habitant . Un Etat peut toujours minimiser ce rapport en demandant au citoyen de se payer dans le privé les services qui ne lui sont pas fournis, s'il les estime nécessaires, avec bénéfice ou pas suivant les impôts qui lui seront demandés au final.
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