LA FÊTE DE NOS ARMEES !

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LA FÊTE DE NOS ARMEES !

Message  max mayneris le Ven 14 Juil - 17:42

En ce jour de 14 juillet, et après ce défilé aussi impressionnant que d'habitude, je m'autorise une incartade à ma déclaration de  
clôture de la Tribune, parce que je ne résiste pas au désir de contribuer au soutien de notre CEMA, mis en cause au plus haut
niveau politique.

Trois rappels de commentaires déjà faits il y a … quelque temps :

1. Les rapports de la politique et du militaire sont "intimement" marqués par une situation singulière : le Chef des Armées est le
Président de la République, ce qui peut inciter le militaire à " l'abstinence politique", non par crainte mais par éthique, à tort ou à
raison** .
** " le devoir d'obéissance du soldat pourrait être incompatible avec ses droits de citoyen ... " ( Montesquieu )

Cette situation est un héritage du Gal de Gaulle et un « acquis » de la 5° République .

Il me semble que la posture de notre CEMA n’est ni « déloyale », ni « corporatiste », et elle est soutenue par la pensée d’un de nos plus
prestigieux philosophe : Montesquieu !

2. Des Officiers Généraux de haut rang en ont fait l'expérience: s'exprimer n'est pas sans risques (... ne l'a jamais été).. . Lorsqu'on
demande son avis à un militaire, par "déformation professionnelle" sans doute, il fait l'hypothèse qu'il se trouve dans la première phase
de son principe de liberté d'expression, c'est-à-dire que son "Chef" n'a pas encore décidé . C'est peut-être là que se trouve le " hiatus "
avec la société non militaire .. .

3. La stratégie militaire, pour être crédible, pour rassurer le citoyen, doit aussi prendre en compte un élément peu glorieux: l'économie !
Car on ne peut viser à la prospérité et à la grandeur d'une Nation ( buts de toute stratégie) en écartant cette rude contrainte. Sans ce
"garde-fou", on peut conduire la Nation, avec panache, à une ruine prestigieuse !
Disons-le plus directement : le militaire est subordonné à l’économie et, sauf à envisager des guerres « de butin » ou pour faire face à une
grave menace immédiate, il faut d’abord acquérir la richesse suffisante, au minimum se garantir d’une situation économique saine, pour se
permettre de façonner à volonté la puissance des Forces Armées et décider de leur emploi. Mais engager les Armées dans des opérations
militaires oblige aussi à leur assurer les moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, par cohérence et si les décideurs ne
veulent pas subir de graves déboires de prestige … et plus.
En complément de ces observations triviales n’oublions pas, quand même, l’effet très positif d’une armée « technologique » sur l’économie
( recherche et innovation , vente d’armement, emploi ) .

« L’argent est le nerf de la guerre » : cette loi immuable est d’autant plus prégnante que les comptes publics n’encouragent pas à la dépense.

La France est actuellement dans une situation économique délicate et la remise à niveau indispensable de notre Défense ne peut qu’accompagner
la remise à niveau « économique » progressive du Pays, sauf danger imminent (c’est pourquoi aucun Candidat à la Présidentielle n’a donné
une échéance claire à la mise au niveau de 2% du PIB pour le budget de la Défense !). La priorité, dans le domaine militaire, doit être donnée au
soutien des « OPEX » , bien entendu . Si notre CEMA constate que le niveau du budget alloué compromet la crédibilité de nos Armées (capacités
opérationnelles à court et moyen terme, risque de décrochage technologique, …) en soutenant les OPEX avec la priorité et l’effort qui conviennent,
comment peut-on lui reprocher de s’exprimer ? Ne serait-il pas bien plus coupable en restant silencieux ?

On ne peut cependant juger de cette question sans l’évaluer avec quelques données économiques.
Améliorer notre situation économique passe par une baisse de la dépense publique. Presque tous les responsables politiques s’accordent sur ce fait,
et l’ont proposé avec plus ou moins de « rigueur » suivant les partis politiques.
Tout le monde sait aussi qu’on ne peut faire de réelles économies qu’en « attaquant » des postes de dépense importants … Comment, donc, se répartit
notre dépense publique ?

PIB: 2300 milliards €. Dépenses publiques: 55% du PIB. Echlt des dépenses publiques (en % PIB) :

- Dépenses sociales : 30 % ( Retraites:14,3 %; Santé: 8,6 % ; Prest. fam: 2,9 %; Emploi,chômage: 2,5 % ; … )

- Concours financiers de l’Etat aux coll. territoriales : 2,2 %

- Enseignt scolaire : 2,1 %

- Intérêts de la dette : 1,8 %

- Défense : 1,4 % (dont 0,05 % du PIB pour les OPEX )

- Rech.Ensgnt sup. : 1,2 %

-----------

( Ces chiffres sont donnés à partir d’informations de sources : SCAN ECO / Le Figaro ; Min. Eco :chiffres-clés 2017 ; Mindef )

Que peut-on en conclure ?

- C’est incontestablement sur les postes « retraites » et « santé » que peuvent être réalisées les économies les plus significatives.
- Est-il bien raisonnable de réaliser des « miettes » d’économies sur les Armées, même au motif de solidarité, alors qu’elles sont engagées dans
des opérations ? Leur « Chef » ne peut-il faire accepter à la Nation et à ses représentants une bienveillance compréhensible ? Les désengager
ferait perdre beaucoup de prestige à la France, sans obtenir de réelles économies !

Notons quand même que la « facture » de la dette déjà lourde ( plus onéreuse que la Défense !) s’accroît à chaque déficit (indépendamment des
injonctions de Bruxelles !), et pourrait s’aggraver sérieusement en cas de hausse des taux …
Notons enfin que la fraude et l’optimisation fiscales, en particulier de la part des entreprises « apatrides », nous causent des pertes hors de mesure
avec les économies faites « sur le dos » de la Défense !

On ne peut clore ces commentaires sans quelques observations relatives aux responsabilités quant aux choix des stratégies.
La stratégie militaire (rôle et moyens donnés à la Force Armée), comme les autres (stratégie sociale, stratégie de l’éducation, stratégie industrielle,
stratégie de l’emploi, …) est une composante de la stratégie (politique) nationale. Elle ne peut être décidée, surtout pour l’attribution des moyens
financiers, par les seuls militaires qui en sont, bien sûr, les principaux conseillers.
C’est, en principe, au 1° Ministre qu’il revient de définir la politique nationale, notamment l’emploi des ressources financières, suivant des
priorités définies par la stratégie globale ( dans notre « système 5° République », on sait que la politique est plutôt décidée par le Présdt, élu au
suffrage universel sur la base d’un programme détaillé : sa stratégie ). Et il appartient, en principe, au Ministre de la Défense d’argumenter et de
protester sur cette question. En cas de silence du Ministre (du fait de circonstances particulières), et face aux périls estimés par le CEMA, plus haut
responsable militaire au contact des « réalités », ne revient-il pas à celui-ci de « lancer l’alerte » ? Doit-il, à ce titre , subir les traitements infligés
souvent à ceux qui ont cette audace, en particulier de la part du Chef de l’Etat ?
A chacun de se faire une opinion et de juger les uns et les autres .

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