L'ARMEE ET LA PROTECTION DES POPULATIONS

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L'ARMEE ET LA PROTECTION DES POPULATIONS

Message  max mayneris le Mar 21 Mar - 11:14

L'ARMEE ET LA PROTECTION DES POPULATIONS

Ce sont, bien sûr, les débats sur une restauration du "service militaire" et ceux à propos de l'opération "Sentinelle"
qui motivent ces brefs commentaires relatifs au rôle des Armées .
La question a une importance qui nécessite de la dégager des points de vue partisans liés à la campagne électorale,
et sa difficulté incite à la considérer ( avec des compétences limitées comme les miennes ) dans son principe général
plus que dans ses modalités .

Quelques observations préalables ( qui sont peut-être partiellement contestables ) :

- les Forces Armées sont au service de la Nation ;
- la surveillance du respect de la loi, le maintien de l'ordre public, la lutte contre la criminalité sont du ressort
de la justice, de la police, de la gendarmerie, et non des Forces Armées ;
- la gendarmerie, contrairement à la police, est équipée et entrainée pour s'opposer à des agressions de niveau "militaire" contre notre population ;
- le terrorisme, que l'on s'accorde à reconnaître comme la menace principale, s'attaque en priorité aux popula -
tions, en milieu urbain ou non, à l'aide de moyens de catégorie " militaire " mis en oeuvre ( sauf sur leurs territoires "sanctuaires" où agissent de véritables armées ) par des groupes de type "commando" ;
- les "Opérations Extérieures" intègrent bien évidemment la mission de protection des populations, en milieu urbain comme non urbain, c'est même une fonction vitale face au terrorisme ; les Forces Armées ont donc des compétences
dans ce domaine ( ... espérons-le ) ;
- les Armées consacrent leurs meilleurs soldats à la formation des unités de Pays qui ne disposent pas, ou insuffisamment, de Forces armées et de Gendarmerie; peut-être peut-on aussi penser à former nos jeunes pour des missions simples ( garde de points sensibles ; patrouilles ; riposte à des agressions "de faible intensité"; ... en Algérie,
nos appelés avaient à faire face à des menaces bien plus fortes; le Colonel Bigeard a peut-être laissé des informations
sur ses méthodes pour motiver et obtenir des résultats honorables avec des soldats non professionnels ) ;
- les "OPEX", par leur technicité, leur dangerosité ( physique et ... politique ), leur exigence d'efficacité, ne sont
plus qu' à la mesure de " professionnels" ;
- nous nous sommes habitués aux "guerres assymétriques" ( qui n'en sont pas moins délicates et difficiles) ; il
ne serait pas sérieux de " faire l'impasse " sur la préparation de conflits bien moins assymétriques ( dans lesquels pour -raient s'ajouter une menace "intérieure" ) qui demanderaient une forte mobilisation morale ( ... et peut-être plus que morale) de la Nation .

A partir de là, quelques conclusions sont possibles :

- les Armées ont les capacités d'assurer la protection de nos populations face à des menaces militaires ;
- compte tenu des obligations d'Opérations Extérieures dont elles sont exclusivement en charge, ont-elles
les moyens de participer aussi aux "opérations intérieures" ?

La réponse à la question ci-dessus est bien sûr décisive.

Si les Militaires assurent la mission de protection de nos populations, elles doivent réclamer les moyens nécessaires . Pourquoi, alors, ne pas envisager, pour des missions sur notre territoire, des effectifs non professionnels, à un coût raisonnable au regard de la nature des missions ? En particulier dans la Gendarmerie (qui sont des Militaires) sous
forme d'une "Garde Nationale" ou d'une "Réserve opérationnelle de Gendarmerie" ( peu importe le vocabulaire). L'augmentation du budget militaire est, dans ces conditions, vital pour la Nation . Il appartient aux Armées de décider ensuite de l'utilisation de cet appoint indispensable . La question d'un " renouveau du service militaire " ... ( avec des modalités dont la définition demande beaucoup de réflexion et de pragmatisme; pourquoi pas auprès de nos Gendarmes ?) n'est alors pas dénuée de sens, ni de bon sens ...

La question peut aussi être abordée avec un peu plus de "hauteur", celle de " l'esprit de Défense ".  On s'accorde généralement sur le fait que " l'esprit de Défense ", le lien "Armées-Nation" est capital du point de vue, même, de l'efficacité de la Défense.
Je rappelle encore une fois que les Alliés, à l'issue de la 2° guerre mondiale, ont pris comme mesure essentielle, pour
un "désarmement" de l'Allemagne d'alors, l'interdiction de toute formation militaire à la Nation, et de tout lien entre
l'Ecole, l'Université et les Armées !  Bien sûr, la question est de nature différente pour nous et aujourd'hui, mais elle témoigne tout de même de ce rôle essentiel de "l'Esprit de Défense" et du lien entre la jeunesse et ses soldats .
Toute solution, bien entendu, ne doit pas être exempte de considérations de "coût / efficacité", et en particulier sur l'efficacité que l'on attribue à "l'Esprit de Défense" et à la manière de l'obtenir .
L' évaluation du "coût / efficacité" d'une proposition d'un "service" d'un mois préparé avec un mois d'instruction ( duquel il faut soustraire les temps consacrés aux différentes activités " médicosociales") dépasse mes compétences, mais me laisse assez dubitatif. Une mobilisation de volontaires ( jeunes ou moins jeunes) pour une forme de " réserve opérationnelle régionale " me paraît plus réaliste.

Cette brève analyse est un peu sommaire et théorique, ... peut-être pas totalement sotte et inutile tout de même ?
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max mayneris

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