Mais, que veulent-ils donc ?

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Mais, que veulent-ils donc ?

Message  max mayneris le Mar 6 Déc - 14:30

MAIS QUE VEULENT-ILS, ENFIN ?
Les Français sont bientôt conviés au choix d'un Président. Les Candidats sont confrontés au choix des citoyens et se demandent à coup sûr :  " mais que veulent-ils donc ? " .

Sans prétendre m'exprimer avec assurance, il est vraisemblable que le plus grand nombre de Français souhaitent des perspectives d'inflexion de 3 courbes :  celle du chômage, celle des inégalités, celle de l'insécurité !

Que peut dire un citoyen moyennement savant et moyennement informé sur ces trois points ?

L'emploi.
Il dépend essentiellement de l'activité des entreprises, infiniment plus que des emplois administrés. Cette activité dépend elle-même de la capacité des entreprises à donner envie de consommer leurs produits plutôt que ceux des concurrents étrangers. L'attractivité de ces produits résulte de la qualité, de l'innovation, de l'imagination apportées par les entrepreneurs à leur conception et à leur réalisation, de l'adaptation de l'offre à la demande des consommateurs, au moins autant que des bas prix, et encore du pouvoir d'achat des clients potentiels. N'oublions pas que ce sont les entreprises qui distribuent des salaires ( sauf aux agents du secteur public ), aidées ou handicapées par le système fiscal redistributif suivant son dosage et son poids sur ces entreprises . L'Etat n'est donc que partiellement responsable du niveau d'activité: il intervient par la qualité de la formation des Français, l'adaptation des compétences données aux besoins des entreprises
( qui doivent donc participer à ce processus ), par l'aménagement du territoire, par la simplification administrative, par la protection du marché national au moyen de normes de qualité et de labels, au moyen d'une taxation astucieuse et justifiée des importations, par des aides aux entreprises pertinentes, ciblées et accordées judicieusement ( ... tout cela est bien plus facile à dire qu'à faire ! ). Bien sûr, comme rappelé ci-dessus, l'organisation, le réglage du système fiscal et du "modèle social" pèsent sensi - blement sur la compétitivité, et de façon plus subtile et complexe qu'on ne le croit généralement .
Si le " Chef de l'Etat " est élu démocratiquement, les "Chefs d'entreprise" parviennent généralement à cette fonction par d'autres voies, et le choix d'un Président ne pourra aboutir à l'inflexion de la courbe du chômage que si les Chefs d'entreprises s'y mettent aussi ! Une action de concert et de forte intensité semble alors beaucoup dépendre de cette coopération, donc du faible degré "d'idéologisation" des parties prenantes, de même que de leur connaissance des mécanismes économiques, particulièrement de leurs facteurs "humains" . La capacité des gouvernants à organiser des interactions "heureuses" entre les entrepreneurs générateurs de projets commerciaux, la " finance " et les détenteurs de capitaux capables d'impulser et de soutenir ces projets, les citoyens porteurs de compétences pour la réalisation de ces projets et aussi clients , une administration capable d'inciter, d'aider, de protéger intelligemment, augmente fortement la probabilité d'inflexion de la courbe du chômage. C'est peut-être une raison d'un certain abandon des passions idéologiques " de droi - te et de gauche " par des citoyens mieux informés et plus autonomes.

Les inégalités.
Les économistes nous l'ont confirmé par leurs études statistiques et historiques, on a rarement atteint un tel niveau d'inégalité dans les pays "riches". Ce qui ne signifie pas que le niveau des revenus et du pouvoir d'achat, y compris les plus faibles, n'ait pas augmenté, mais généralement de façon insatisfaisante pour les moins dotés, eu égard aux besoins nouveaux créés par nos so - ciétés et aux efforts qu'ils estiment avoir consentis . L'inégalité est une donnée qui se mesure , l'injustice est un sentiment, et c'est lui qui compte le plus .
Réduire les inégalités sans entraver le dynamisme de l'économie nécessite des manoeuvres et des réglages subtils dont seul l'Etat a la responsabilité, pas les entreprises. On peut penser que le choix d'un Président aura quelque influence sur le " modèle social " et sa fonction de redistribution. N'oublions pas, tout de même, que les marges de manoeuvre sont limitées par la compétitivité nécessaire des entreprises, par la dette infligée à nos successeurs, et que la modération se justifie aussi. Soyons donc méfiants à l'égard d'une générosité imprudente. L'électeur n'est généralement pas compétent pour estimer l'efficacité des "réglages économiques". Il est normal qu'il clame un sentiment d'injustice franchement ressenti, mais il doit accepter la pédagogie en retour, en mesurer la part de vérité avant de manifester son impatience et sa colère. De ce point de vue, l'Etat moderne peut organiser des moyens de dialogue constructifs avec les citoyens.


En somme, sur le plan économique, c'est par l'action "pédagogique" sur les Français et par la vo -lonté de coopération ( sans soumission !) avec les chefs d'entreprises que l'on peut espérer infléchir les courbes des inégalités et du chômage assez vite, plutôt que par des comportements idéologiques binaires, ou par des actions étatiques miraculeuses .

L'insécurité.
Le sentiment d'insécurité résulte d'une part d'une vision insuffisante de l'avenir, qui joue dans le domaine de l'économie, dans le domaine des relations internationales aussi. La définition de buts, d'objectifs, l'information des citoyens par des "points de situation" réguliers et publics , l'explication de l'activité diplomatique, ... réduisent ce sentiment d'insécurité. C'est une question de méthode plus que d'idéologie.

Le sentiment d'insécurité résulte aussi des conditions de la vie quotidienne ( incivilités, délinquance,
visibilité de la surveillance, ...). C'est pour beaucoup une question de moyens et de priorité donnée à l'obtention de ces moyens, une question d'éducation par l'Ecole et par les Familles, leur soutien . Les "zones péri-urbaines" et leur insécurité sont un cas particulier qui ne concerne qu'un faible nombre de Français, pas les plus aisés, mais dont l'écho médiatique amplifie le sentiment général d'insécurité. Quand il s'agit d'affronter réellement ce problème, tout le monde (... ou presque!) s'accorde sur la nécessité d'un traitement "social" en accompagnement
d'actions de police. On peut ergoter sur le choix d'une méthode "simultanée" ou "alternative", sur le dosage des deux ingrédients, mais le risque politique sur ce sujet est tel qu'on aboutit toujours aux mêmes types d'actions et de "plans d'action". Seul le discours diffère, notam - ment à l'occasion des campagnes, ... ne soyons pas trop naïfs !

La qualité et la sûreté du système militaire de Défense dépendent évidemment de l'Etat par les moyens accordés, si possible judicieusement en fonction de leur coût / efficacité au plan "comptable" dans une situation financière difficile, comme au plan politique : la sécurité par le nucléaire est un investissement plutôt souhaité, de même que des forces professionnelles "modernes" pour les opérations extérieures; l'utilisation de forces de protection du territoire non professionnelles de coût modéré, génératrices de cohésion et de civisme, au sein d'une réserve de gendarmerie ou de police, est sans doute digne d'intérêt ( pas pour des OPEX ! ). L'activité diplomatique et la création d'alliances sérieuses dans une stratégie régionale, la répartition des efforts militaires entre alliés plutôt que l'autonomie intégrale sont sans doute souhaitées parce que "rentables" pour le contribuable, et psychologiquement rassurantes pour les Français. Sur ce dernier point, la stabilité et la paix en Europe ( conditions de la prospérité de notre vaste zone de production et de commerce) ne seront réelles que par la volonté politique des Européens, s'ils les souhaitent , ainsi que par l'acquisition des moyens nécessaires. La stabilité et la paix en Europe semblent aussi dépendantes du jeu régional de la Russie, de son désir de puissance et , éventuellement, "de revanche" après la guerre froide et ses conséquences pour cette Nation . A nous, dans ce jeu, de choisir les postures les plus efficaces pour nos intérêts .

Le sentiment de sécurité, dans une société ouverte, soumise aux forces de la mondialisation et aux intérêts apatrides, dépend aussi de la perception d'une cohésion interne, d'une solidarité , d'une Fraternité républicaine affichée dans la devise. Le "modèle social" y joue un rôle évident, mais la composition diversifiée, de fait, de la société renforce encore, et autrement, ce besoin de cohésion " culturelle ", d'affirmation de l'adhésion à des "valeurs", à des modes de vie choisis et respectés .
Il est évident, là encore, que l'Etat a un rôle primordial à jouer pour réguler, rendre acceptables les "différences" de toute nature, prévenir les comportements provocants, les tentations centrifuges, ... les fuites paradisiaques aussi !
L'Etat et ses représentants, responsables du maintien de la cohésion nationale, ne doivent évidemment pas organiser ou entretenir des clivages de quelconque nature; lorsque ceux-ci sont déjà existants, ils doivent au moins se soucier de leur apaisement dans la sphère publique.

Le "terrorisme islamiste" est bien sûr le sujet brûlant de sécurité. De tous bords on reconnaît la nécessité d'une priorité à accorder à la lutte. Peut-être donne-t-on pour quelques-uns ( à gauche ?), une plus grande importance à l'action extérieure, plutôt ( à droite ?) à la protection immédiate et rapprochée. Quoi qu'il en soit , ce n'est pas cette question qui va départager réellement les suffrages.

Enfin, l'insécurité est aujourd'hui fortement liée à la perception "écologique" de notre situation (climat, pollutions, ressources en eau, en énergies "propres"). Des gouvernants qui ne s'en soucieraient pas suffisamment seraient vite disqualifiés. L'efficacité des réponses à ces questions est bien sûr beaucoup plus scientifique qu'idéologique.

C'est incontestablement dans ce domaine de la sécurité que le rôle de l'Etat, et donc du choix de son Chef, est le plus efficient ( d'autant que le Chef de l'Etat est aussi le Chef des armées ! ). Les propositions des Candidats dans ce domaine devraient donc prendre une place significative et jouer un rôle dans l'élection, si la sécurité est un problème actuel jugé important pour les Français .



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