" Foutez-leur la démocratie" !

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" Foutez-leur la démocratie" !

Message  max mayneris le Sam 29 Oct - 14:57

FOUTEZ-LEUR LA DEMOCRATIE !
Cette exclamation prêtée au Gal De Gaulle ( je ne peux en garantir l'authenticité) en dit long sur la difficulté de mise en oeuvre
de ce mode de gouvernement et de ses jeux politiques, sur les risques encourus par un usage insuffisamment préparé ou mal adapté. Elle annonçait peut-être l'affaiblissement et la crise de la démocratie ... L'actualité incite à un point de situation !

La démocratie directe n'a évidemment plus cours chez nous, remplacée et améliorée par la démocratie représentative, le vote
à majorité qualifiée, le bicaméralisme, le processus règlementaire ajouté au processus législatif, etc ... Sa forme actuelle semble pourtant toucher à ses limites pour de multiples raisons qu'on peut essayer de désigner ... en vue d'ajustements ?
L'élévation du niveau de connaissances, d'éducation, de culture des citoyens fait croître le désir d'expression directe, renforcé
par les possibilités offertes par les moyens modernes de communication ; la démocratie est "capturée" par les partis politiques dont dépendent les hommes et les idées politiques ( peut-on faire autrement, compte tenu des capacités financières que re -quiert la politique ?), et les élus semblent représenter ces partis plus que les populations dont ils ont reçu mandat; les partis traduisent d'autant moins la diversité des opinions des citoyens que leur nombre se restreint et va vers un bipartisme de fait ; cette bipolarisation mène à une stratégie politique d'affrontement qui passionne quelques-uns mais nuit gravement à la cohésion et au bien-être; le besoin réel de la "com' " et des médias, qui conduit parfois à une addiction, fait du jeu politique un spectacle, un divertissement qui en affaiblit la portée et la gravité; la démocratie connaît en outre des imperfections de plus en plus mal ressenties: manque d'expertise face à la complexité des problèmes ( les élus s'entourent de nombreux experts inconnus du public); les choix auxquels elle conduit ne sont pas toujours clairs ( 51 % contre 49%, et à condition de passer sous silence les abstentions et les votes nuls ! ), dilution de la responsabilité, représentativité mise en doute ( "tripatouillages" électoraux,clien - télisme, faible participation); la profusion de discours et de promesses éparses est peu en rapport avec l'efficacité économique, sociale, sécuritaire, .... espérée; l'efficacité, le résultat des politiques suivies ne semblent pas toujours évalués avec la clarté et
la neutralité souhaitées, et ne sont pas facilement, voire solennellement , portés à la connaissance du citoyen .

N'accablons pas la démocratie, et il faut aussi exiger que "le peuple" admette, respecte la règle fondamentale de la décision majoritaire, améliorée éventuellement par un vote majoritaire qualifié ( introduisant une marge d'erreur ou de sécurité démocratique !). Il serait souhaitable, évidemment , que l'expression du mécontentement, légitime et démocratique, soit con -tenue à des modes citoyens, civiques, respectueux eux aussi de l'intérêt général . On a, de ce point de vue, la démocratie
( ... ou sa disparition ) qu'on mérite !

Il semble, au-delà de ces observations qui donnent une mesure de la difficulté à établir une démocratie très satisfaisante, que deux reproches principaux sont faits à nos dirigeants politiques et au système dont ils sont issus : le "peuple" ne participe plus suffisamment aux décisions, le "système politique" est impuissant devant d'autres formes de pouvoir. Je ne crois pas surprendre avec ce constat.

Face à la première question, on peut tout de même imaginer plusieurs formes d'association des citoyens à la prise de décision. Le vote, bien sûr, on en a évoqué les limites ci-dessus. Le référendum, qui vise à une décision par un choix binaire, et qui n'est pertinent que pour des problèmes simples ou vitaux. La consultation ( la concertation ) est envisageable avec les moyens modernes de communication dans la préparation de décisions importantes en demandant la préférence entre plusieurs propo -sitions, voire en sollicitant des solutions novatrices. Il est sans doute plus judicieux, pour cela, de faire appel à des "corps intermédiaires" reconnus, représentatifs, experts, capables de recueillir démocratiquement des avis, de les filtrer, de les syn - thétiser, permettant un ciblage plus efficace de la consultation ainsi que des résultats plus crédibles.
Il est à noter que la consultation, contrairement au référendum, n'efface pas l'exercice de l'autorité et n'oblige pas au suivi de
son résultat. Une suite "pédagogique" est alors impérative . On ne peut pas, non plus, sonder à tout bout de champ et pour toutes les décisions. C'est bien pourquoi la démocratie représentative habituelle (mais simplifiée?) reste indispensable pour un fonctionnement efficace de la société. L'appel au référendum ou à la consultation doit bien évidemment être intelligemment
régulé.

Une réponse à la deuxième question (l'impuissance) pointe les interrogations souvent constatées face à la montée des "pou -
voirs" non formels : ceux de la fameuse "finance", des médias, des "juges", de la rue ( j'en oublie vraisemblablement), alors
que le pouvoir politique censé faire agir la démocratie est faiblissant . Je ne vais pas me risquer à des suggestions, faute de compé -tence. Je peux tout de même évoquer, concernant la "finance", que sa puissance résulte d'abord de sa nécessité,
mais aussi de la mondialisation de ses structures et de ses mécanismes. Ce n'est donc pas à l'échelon national que le pouvoir politique pourra transiger, s'il le souhaite. Pour le reste, des solutions nationales et démocratiques peuvent être recherchées.

Je ne crois pas avoir beaucoup avancé dans cette question difficile. Je voudrais simplement té -moigner de ma conviction que
la démocratie reste une marque, une "valeur" de notre culture occidentale, même s'il n'est pas indispensable de l'imposer à n'importe quel prix au dehors de l'Occident. Nous devrions tout faire pour en garder le bénéfice, sinon le privilège. Sa préser -vation nécessite et mérite quelques adaptations à notre monde moderne, en particulier à l'élévation du niveau de connaissance, d'éducation, de culture des citoyens, au désir d'expression et au besoin de "pédagogie" qui en résultent .

... Encore du "populisme" !
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max mayneris

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