Si vis pacem ...

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Si vis pacem ...

Message  max mayneris le Sam 20 Aoû - 10:52

C'est la rentrée !!!
La résurgence du terrorisme sur notre sol, cet été, a suscité des interrogations sur l'origine de ces violences, et de la guerre. La question n'est pas nouvelle! j'ai exhumé un commentaire "commis" il ya quelques années sur le sujet.

Si vis pacem ...
L'interrogation primordiale, qui en éclaire beaucoup d'autres, est à l'évidence "pourquoi la guerre? ". Je ne prétends pas y répondre savamment. Ma condition de Saint-Cyrien m'incite cependant à une réponse personnelle.
Mes "consultations" diverses ( lectures, …) conduisent à ce bilan: la guerre, le recours à la violence, pourraient résulter de la nécessité
de répondre à nos besoins existentiels*, et à nos désirs ( ... renforcés par le sentiment d'être en mesure de les satisfaire ! ).
* qui sont essentiels ou porteurs de sens pour notre existence.
Plus précisément :

- besoins existentiels: survie, perpétuation ( "manger ou être mangé" ; obligation éthique, thèse du "darwinisme social" : seules survivent
les cultures et les sociétés capables de se défendre et de s'adapter; " la raison du plus fort est toujours la meilleure ..." de Lafontaine ; "Toute chose est à l'homme armé ... Qui peut prendre doit prendre" de V. Hugo ) ; identité ( besoin de faire reconnaître une singularité ethnique, religieuse, sociale; il faut associer à cette catégorie l'impératif ressenti de défendre le "sacré" *, ce que l'on considère comme
sacré étant une forte composante de l'identité) ; dignité ( refus de la servitude, de la misère, de l'injustice, de l'offense, de l'atteinte à l'honneur, et aussi refus de l'indifférence aux autres - compassion, solidarité - ); sécurité ( à se donner et à assurer à d'autres en vue du refoulement de la peur, condition première du bien-être, de la recherche de garanties d'un avenir favorable); la défense de ce(ux) que l'on chérit est, bien sûr, un besoin existentiel dans lequel se mêlent dignité, sécurité, désir de possession, ... ;

- désirs : de possession (conquête, convoitise, propriété), de domination (prosélytisme, emprise, endoctrinement,…);
désir sensuel ( l'attrait "esthétique" de la guerre décrit par Montaigne et Alain p. ex ; image du "guerrier", du héros); haine
( désir de nuire à autrui, voire de son élimination); et encore la réponse à un inconscient collectif (la guerre "génitrice" principale
de l'Histoire des peuples et du progrès ...) pointé par certains philosophes.
Il faut enfin mentionner l'ambition, le renom ( bénéfice personnel attendu par le décideur, à distinguer de la gloire - juste récompense
du sacrifice du soldat - ) .
Certains avancent encore "le jeu" ( repoussoir à l'ennui, besoin d'adrénaline…, sans doute une variation de nos désordres mentaux), le "suivisme" ( implication plus ou moins subie dans des décisions prises par d'autres).
" En Europe, à la fin du XVIII° siècle, Kant et Rousseau voyaient dans l'absence de démocratie les causes principales de la guerre.
Aujourd'hui, ne devrait-on pas affirmer que l'absence d'Etat de droit est la source principale du désordre, sinon du chaos du monde ?"
(citation d'un éditorialiste politique).
* le patriotisme me semble relever autant du "sacré" ( la Terre sacrée) que de l'affectif (la Patrie chérie).

Dans la recherche d'explication ou de motivation du recours à la guerre, peut-on trier d'abord entre les deux principales catégories,
souvent entremêlées, et tenter une approche ingénument "morale", au moins rationnelle, évaluer les doses de ces possibles composan -
tes ? A quoi cela peut-il servir ? ... Un bon diagnostic suffit à rendre le docteur satisfait , mais il facilite aussi la prescription des "traite-ments" !
Dans quels cas peut-on miser sur d'autres solutions que la guerre ( ce n'est évidemment pas qu'un point de vue pacifiste ), dans quels cas doit-on se résoudre à la violence ? … A vous de juger. C'est, bien sûr, une question de circonstances, de calcul des risques et du " coût / efficacité ", autant qu'une question morale ! En tout cas, les motifs de guerre me semblent plus puissants que ceux de la craindre ( il n'y a que la dissuasion nucléaire qui
donne quelques résultats, pour combien de temps ?), et alors, ... " en temps de guerre, il n'y a pas de substitut à la victoire" ( Gal D. Mac Arthur).
La " fonction militaire régalienne", si elle peut devenir l'instrument de la satisfaction de désirs, reste toujours la seule fonction qui assure "légalement" les besoins existentiels des Nations, notamment leur sécurité, et donc leur prospérité, leur grandeur aussi. Y a-t-il une
perspective de sa disparition, comme de celle du "soldat" au service de sa Nation ? J'en doute !
L'emploi d'une violence plus sauvage peut aussi assurer un " besoin existentiel " pour des groupes, des "communautés" laissés pour compte
ou endoctrinés, quand il n'assure pas simplement la subsistance ou le divertissement d'une "briganderie universelle" !

Si vis pacem, ... faudra encore beaucoup de patience !!
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max mayneris

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