Tribord et babord !

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Tribord et babord !

Message  max mayneris le Sam 18 Juin - 16:08

Il pleut encore sur Dax ...
J'ai regretté, récemment, que le militaire rebute à "parler de politique", ... sagement et surtout sans prosélytisme !
Je n'ai pas l'habitude de conseiller sans me ... "mouiller" ( Etant retraité et septuagénaire, le courage est tout relatif,
... il s'agit donc d'un "exercice de style" ! ).
Je prends donc ce risque sur un ton "philosophique" ( ... aïe, aïe, aïe !), avec distanciation et amusement. A vous de
juger.

                                     Babord et tribord !

J'ai été confronté à plusieurs reprises à une interpellation peu habituelle et déconcertante pour un militaire : qu'est-ce qu'être de droite, qu'est-ce qu'être de gauche ?
J'ai d'abord demandé le sursis. Aborder cette question après avoir pris conscience du volume, de la complexité, de la passion des débats philosophiques, politiques, historiques ... qu'elle a provoqués n'est, en effet, pas du tout rassurant
pour un citoyen moyen comme moi. Mais il n'est pas d'usage qu'un militaire recule facilement ! Une simplification, une tentative de retour à l'essentiel ( méthode jugée aujourd'hui "populiste", pourtant une étape nécessaire pour affronter
la pensée complexe, disent les philosophes) permet peut-être de vaincre ce vertige. Je m'y suis finalement résolu . Le résultat est sans doute caricatural, ... en tous cas amusé et spontané !


" L'homme de droite " avoue se préfèrer au service d'un " Chef " plutôt qu'emberlificoté dans une doctrine. Les hommes, pour lui, comptent plus que les idées. Il choisit donc son maître et se range passionnément derrière lui. Le "souverain"
est ainsi, pour l'homme de droite, le " chef " choisi démocratiquement . Le rôle du citoyen consiste précisément à choisir
ce chef. Dans le domaine de l'économie, l'homme de droite se soumet sans réserves à " la loi du marché ", de nature incontestablement collective ( l'offre et la demande ), alors qu'il est terrorisé par le " collectivisme ". Il n'est pas doctri -
nal, mais approuve les théories de la "main invisible du marché" et celle du " ruissellement " qui révèlent les bontés du système qu'il préconise, ignorées de beaucoup ! Pour lui, le " capital privé " est le seul moteur possible de la prospérité,
car il est infailliblement et généreusement consacré à l'investissement productif qui crée l'emploi. Le travail est une bonne chose , mais a ceci de fâcheux qu'il ajoute un coût et des complications à cet emploi du capital ... Dans le domaine sociétal, l'homme de droite préfère la contrainte au désordre, la continuation au changement qu'il apparente à un désor -dre. Il vénère pourtant la liberté, se réclame d'elle, et ne devrait donc pas craindre la diversité et le mouvement qui en résultent immanquablement, et qui nourrissent aussi le désordre et la réforme ! Il recherche son " identité " dans un collectif national parfaitement circons - crit et gardé, redoute les mélanges et considère que son territoire n'est pas
une "bétonnière" , même quand l'instrument peut avoir quelque utilité pour s'agrandir ou rénover !
Il y a de l'ambivalence, de la confusion à droite !

"L'homme de gauche" paraît plus suspicieux quant à la capacité d'un seul à diriger. Il se dit plutôt porté à des décisions collectives et concertées, à des compromis négociés, de ce fait garants de justice et de paix. Le "souverain" ne peut
être, pour l'homme de gauche, que " le peuple " qui va s'appuyer, pour gouverner, sur des systèmes d'idées, des doc -trines "prêtes à l'emploi" qui lui donnent les repères indispensables qui lui manquent . Il est, hélas, peu méfiant des ris -
ques du " despotisme populaire " ( inoculé par la crainte pathologique de déplaire ou la recherche obsessionnelle du consensus ) qui peut infecter la décision collective, ou de la mainmise rusée d'une " faction " sur un collectif apparent ! Dans la sphère économique, il préfère " lutter " contre la loi du marché (l'offre et la demande, la concurrence), pourtant
un mécanisme collectif par essence, plutôt que la chérir. Il tient systématiquement le "capital privé" pour une rente, le travail comme un moyen de subsistance, certes, mais aussi comme le "domaine principal de la lutte" . D'autre part, l'uniformité ne l'inquiète pas. Par son identification au " collectif " , par le lissage, le traitement abrasif qu'elle inflige à la société , l'uniformité le rassure même, alors qu'elle mène à la pétrification et alors qu'il prétend au mouvement . Il préfère
le vertige " universaliste " , qui nie le "collectif sensé" par son ambition démesurée et sa nature onirique, au nid douillet
de la Nation , mais il est prêt à armer " le peuple " .
Il y a de l'ambivalence, de la confusion à gauche !

Avantage de la première formule: dans le monde moderne, les décisions doivent souvent être
prises avec rapidité, avec courage, quelquefois avec audace, elles exigent du "caractère" ( à ne pas confondre avec
la témérité ou avec une forme pathologique du goût pour le risque et le jeu ), qui s'attache plutôt à un " grand-hom -
me " qu'à un " formidable soviet ".

Inconvénients de la première formule : le charisme ne remplace pas l'intelligence, il s'y ajoute et la recouvre. Il faut
donc beaucoup de clairvoyance, et un choix conséquent, pour désigner un " chef " avec assurance . Celui-ci doit aus -
si s' entourer de bons "conseillers" pour faire face à la complexité. On ne les choisit pas, on fait confiance au chef. En politique, le chef est choisi et donc adulé . Il fait l'objet d'un " dévouement " qui ne favorise pas la mise en évidence de
ses erreurs , voire leur prévention !

Avantage de la deuxième formule: elle semble offrir une certaine "sécurité" .

Inconvénients de la deuxième formule: elle fait courir le danger de la "démocratie populaire" ( his - toriquement , hélas, vérifié fréquemment ) plutôt que le risque des rudesses ( ... ou du confort ! ) du "leadership", et peine à faire jaillir une décision rapide qui fait "gagner la partie" dans les situations concurrentielles; la "collectivité" peut faire preuve de bon
sens , pas toujours d'expertise , par nature elle n'a pas de "caractère" (même si elle peut dangereusement s'échauffer
et s'emporter !) ; la mauvaise décision ne peut être réellement sanctionnée, étant collective, elle ne peut être que regrettée !

Tout ce qui vient d'être exposé à propos de "la droite" et de "la gauche" se rapporte principalement au "jeu des acteurs",
à la "méthode" . On peut y déceler effectivement une couche de confusion et quelques roublardises ! Mais l'essentiel, le fondamental, qui sépare "droite" et "gauche", est ailleurs ... J'ai "ma petite idée" !


Bien entendu, ces commentaires ne sont pas une "profession de foi" personnelle, mais un regard amusé, et sans doute ingénu, sur les postures et les "doctrines"  qui fâchent les deux bords de notre société !


Nota:  la conduite d'une Nation, la politique, n'ont " rien à voir" avec le commandement et les principes
          militaires ... et inversement !
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max mayneris

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