Le militaire, la stratégie et l'économie

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Le militaire, la stratégie et l'économie

Message  max mayneris le Mar 17 Mai - 13:02

Pour en finir avec ce sujet dans lequel je me suis fourvoyé par la faute du Gal Desportes, voici quelques observations
"terminales".

Le militaire, la stratégie, l'économie .

Il est d'abord nécessaire de préciser le contenu que l'on donne au terme "stratégie". L'exercice est très académique et a conduit à des exposés formels, plutôt roboratifs. Je me suis donc mitonné une formule, bien moins brillante et rigoureuse, mais qui a l'avantage de soulager mon cerveau !
Au niveau de la Nation, la "stratégie" (globale) est l'ensemble des décisions, des positionnements, des orientations, de toute nature, leur coordination, leur mise en cohérence, en vue d'assurer la prospérité aux citoyens, la grandeur à la Nation.
Le recours à la force armée, son jeu dans les relations internationales, les moyens à y consacrer, sont évidemment parties prenantes de ce processus et constituent la "stratégie militaire". La conduite de la guerre (des opérations militaires), la tactique, se situent aux niveaux en-dessous.

C'est parce qu'elle est productrice de sécurité que la force armée tient sa place dans la stratégie: la sécurité est une condition première de la prospérité, la force armée est aussi un moyen de la souveraineté, de la puissance ( au sens noble
de ces mots), donc de la "grandeur".
Le militaire et le diplomate sont liés ( ... concurrents ?) en ce sens que la diplomatie est aussi productrice de sécurité, mais en évitant le recours à la force.
Si le diplomate est invité de façon naturelle dans les cercles de réflexion et de décision sur la stratégie, pourquoi le militaire en serait-il exclus, comme le déplore le Gal Desportes, ou s'en exclut-t-il lui-même en désertant la réflexion et l'expression de sa pensée dans ce domaine, comme le stigmatise aussi le Gal Desportes ?

Quelques tentatives de réponse.

La stratégie est bien sûr entre les mains des détenteurs du pouvoir. C'est "la politique" au sens large, celle qui s'intéresse aux idées plutôt qu'aux hommes ( dans ce dernier cas, on la nomme la politique "politicienne"), celle qui n'est pas très "divertissante" pour le citoyen-spectateur. La stratégie militaire, tout au moins la part prise en charge par les responsables politiques, subit alors le même sort que la politique à laquelle elle s'intègre : le doute. Elle ne commencerait à intéresser le citoyen qu'en s'insérant dans la politique "politicienne", ce que s'interdit, fort heureusement, le militaire.

Pour s'insérer dans la politique "politicienne", encore faudrait-il que la stratégie militaire intéresse les politiciens, c'est-à-dire qu'elle soit électoralement "rentable" . Je crains que le recours à la force armée ne soit pas un sujet sûrement capteur de suffrages.
Le militaire ne peut vraisemblablement intéresser le "public" ( hormis une frange "intellectuelle" non pacifiste) qu'en piétinant "les plates-bandes" du diplomate, en s'exprimant sur les les relations internationales et en mettant de côté, autant que possible, son "baston" militaire ! Il est alors, et cela est contestable, j'en conviens, hors de "son coeur de métier". Il ne restera dans ses strictes responsabilités qu'en popularisant l'idée du recours à la force, en le "banalisant" dans le discours politique. Il ne doit compter que sur lui-même pour cela. Avant de s'élancer dans la stratégie des relations internationales, le militaire doit faire lui-même la pédagogie de son rôle et de sa place dans la sécurité, la pédagogie de son métier. C'est sans doute plus austère que les jeux sur la mappemonde.

La stratégie miltaire, pour être crédible, pour intéresser et rassurer le citoyen, doit aussi prendre en compte un élément peu glorieux : l'économie ! Car on ne peut viser à la prospérité et à la grandeur d'une Nation (le but de toute stratégie) en écartant cette rude contrainte qui perturbe, c'est sûr, les élans du coeur et des passions ! Sans ce "garde-fou", on peut conduire la Nation, avec panache, à une ruine prestigieuse ! L'équilibre budgétaire (ou le déséquilibre admissible), la dépense publique, la question de la dette, ne peuvent être considérés comme des problèmes futiles ou indignes. Il faut donc que le "stratége militaire" s'efforce de dire son mot dans les affaires en euros sur lesquelles il "pèse" ! Mais s'abaisser à ces rôles de boutiquier, de gestionnaire, voire de comptable, répugne à beaucoup de militaires, les plus brillants, les plus friands de "coups d'épée" ( ... il ne faut surtout pas s'en plaindre !), qui ne souhaitent pas s'embarrasser de ces soucis "domestiques", fussent-ils "stratégiques" ! La stratégie , de ce point de vue , perd encore un peu de prestige .

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